Czech Republic :balade dessinée au château de Houska

Aujourd’hui, je vous propose d’embarquer à l’intérieur de mon sac à dos, destination la République Tchèque. Non, oubliez la très jolie et pittoresque ville de Prague, partons plutôt à 50 km de là, dans les terres…
A travers quelques pages de mon carnet, réalisé en partie sur place, et une gravure réalisée quelques mois plus tard, je vous emmène à la découverte du mystérieux château ou Hrad Houska (ça se prononce Radouska avec un r roulé et guttural à la prononciation).

hradhouska

Le château de Houska fait partie de ces lieux qui m’attirent car ils sont entourés d’histoires et de légendes. Qu’on y croit ou non, ce genre de lieu fascine, invite au débat, à la discussion et au partage, et à la rêverie, bien plus, à mon humble avis, qu’un simple lieu dont on ne vend que la beauté ou prouesse architecturale ou artistique. En ce qui concerne Houska, l’historique est assez peu étoffé, par les quelques bribes qui nous en parviennent en français, et sans doute saupoudré de quelques termes vendeurs pour attirer le chaland.

Implanté dans les « terres » au nord de Prague, le château de Houska étonne et ne se laisse découvrir qu’au regard des plus curieux. Il faut bien le dire : ce château a été construit au sommet d’un mont sylvain, sur le bord d’une falaise calcaire (ma proximité avec le plat pays me donne envie d’écrire montagne, mais on me dit dans l’oreillette que ce serait un poil exagéré). En hauteur, caché par une forêt dense et épaisse, il vous faudra prendre quelques virages bien serrés pour l’atteindre …

Construit au XIII ème siècle dans un style gothique, le château est relativement bien conservé. Cela s’explique en partie par sa localisation : le château de Houska n’est situé sur aucune zone stratégique ou voie commerciale de l’époque, il est tout bonnement perdu au milieu de la forêt sur son éperon rocheux. D’ailleurs, l’une des choses que l’on vous explique en tchèque (et sur le petit fascicule traduit qui vous est prêté) est que le château de Houska n’a pas de système défensif, ou en tout cas pas au sens classique du terme.
Son système de défense ne se situe pas sur les flancs extérieurs comme c’est normalement et logiquement la règle, mais est tourné vers la cour intérieure du château… Autrement dit, en dehors des assauts du temps et de la famille Skoda (propriétaire des lieux), le château de Houska ne craint aucun ennemi venant de l’extérieur ! En revanche, pour l’envahisseur qui vient de l’intérieur, c’est une autre paire de manche puisque la visite du site nous permet d’apprendre que le château aurait été construit sur une faille ou un puits qui mènerait tout droit aux enfers. Le château de Houska et principalement sa chapelle auraient donc été conçus comme une porte des enfers dont les résidents seraient les gardiens.

hradhouskacourinterieur

Que l’on y croit ou non n’a que peu d’importance, néanmoins ma visite du château m’a laissée perplexe… Certes, je ne suis pas une spécialiste de l’architecture médiévale d’Europe Centrale mais lorsqu’on me parle de système de défense, mon esprit voit : chemin de garde, tour avec meurtrières, maçonnerie massive, pics, mâchicoulis et tout le tralala… Hors, une fois entrée dans la cour intérieure, je ne vois qu’un chemin de ronde, conçu comme une série de balcons à chaque niveau, permettant d’accéder aux trois étages du bâtiment… Cela m’a plus fait penser à une volonté des habitants du château de vivre en huit clos, en ne voyant rien du monde extérieur (à la manière d’un monastère), qu’à un système de défense permettant de repousser des démons au fin fond des enfers. De manière très terre à terre et basique, je me suis dit sur le moment « mais du coup, si la faille s’ouvre, les démons ressortent ? Il se passe quoi ? On se met sur le chemin de garde et on fait coucou aux démons, il y a une grande porte au rez de chaussée mais vous ne pouvez pas sortir ? Attention les gars, je vous envoie des bassines d’eau bénite ? »

Vous l’aurez compris, je suis ressortie avec plus de questions qu’en entrant et plus dubitative que jamais. Cette crainte des Enfers et des démons, justifie-t-elle à elle seule la construction d’un château au milieu de nulle part ? Pourquoi pas, si on se replace dans le contexte, maintenant, le manque de données à disposition (en français ou en anglais) et de faits me laissent perplexe et interrogative, même si je garde un souvenir magique de la visite de cet endroit. Une forêt comme aurait pu la représenter Gustave Doré, c’est quand même vachement impressionnant et propice à l’imagination. Démonologie ou ufologie (ndr : Hitler y aurait envoyé des troupes pour faire des expérimentations, mais pas de bol pour les historiens, on nous explique que tout est classé secret défense), je reste sceptique. Lieu refuge conçu comme un monastère (ou un asile trois étoiles) pour personnes de la noblesse dérangées ou  personnes dérangeantes ou à contre-courant (durant la période communiste, un groupe de musique y a enregistré une chanson engagée)… Pourquoi pas ?

Houska, je ne demande qu’à en découvrir plus sur tes mystères, mais du concret, pas des théories.
Et je vous laisse avec une image de la sainte qui veille sur Hrad Houska : Santa Ludmila de Bohême, que l’on reconnaît grâce à son châle. Cette charmante dame étant morte assassinée par deux varègues (viking suédois) à la solde de sa belle-fille… Petit indice : devinez quel est l’accessoire utilisé pour l’étrangler ? Raison du conflit : la mort de son fils, et qui doit assurer l’intérim du coup, la mère ou l’épouse ? La diplomatie, un grand mot au IXe siècle, n’est-ce pas ?
santaludmilahouska

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