L’épave du Lord Grey sur la plage du Châtelet

Aujourd’hui, je vous propose de remonter le temps, et de revenir un siècle en arrière. Nous sommes le 2 décembre 1917, l’hiver est là, avec ses habituelles tempêtes. Le vent souffle une puissante mélodie à laquelle vient se mêler le tranchant des vagues qui cisèlent le littoral.

Sur les plages, peu de courageux osent venir braver la tempête. L’horizon est aussi gris qu’indicible, quand se dessine, tant bien que mal,  au lointain, la silhouette d’un navire, qui aux prises avec une mer assassine, s’approche dangereusement des côtes. Battu par les vagues, le bâtiment finit par s’échouer sur la plage de Tardinghen.

Chalutier britannique à vapeur, le Lord Grey a eu plusieurs vies avant de s’échouer sur nos côtes. D’abord nommé Lord Tweedmouth (Lord Tweedmouth était un homme d’affaire écossais), il parcourt pour la première fois la mer en 1911 pour le compte de la société Port of Blyth Steam Fishing & Ice Company Ltd, puis deux ans plus tard, la Consolidated Steam Fishing and Ico Company, le rachète et en profite pour le rebaptiser Lord Grey.

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Mais qui est donc ce mystérieux Lord Grey qui donne son nom à un navire ? Il s’agit de Charles Grey, né dans le Northumberland en 1764 et nommé en 1806 Premier Lord de l’Amirauté, puis en 1807 ministre des affaires étrangères, rien que ça ! Et ce n’est pas tout puisque qu’il devient premier ministre en 1830 et fait voter l’abolition de l’esclavage au sein de l’Empire Britannique en 1833. Une vie bien remplie le monsieur ! Je ne résiste pas à l’envie de vous donner cette dernière petite anecdote historique : c’est pour lui rendre hommage qu’un très méconnu thé noir aromatisé à la bergamote va être nommé Earl Grey… Oui, oui ! Alors maintenant vous penserez à moi et à cette petite anecdote lorsque vous prendrez votre prochaine tasse de thé !

Revenons-en à notre chalutier. Que faisait-il sur les mers le 2 décembre 1917 ? La dernière vie du Lord Grey commence lorsqu’il est réquisitionné par l’Amirauté en 1915 et transformé en dragueur de mines. Il est alors affecté à la Dover Patrol. Entre Dunkerque et Douvres, sa mission est alors simple : empêcher le passage de tout bâtiment de guerre allemand dans la Manche. Sa dernière patrouille a donc lieu en décembre 1917, jour où il fait naufrage le long de nos côtes, faisant une victime au passage : le soutier John Bilsborough.
Depuis presque cent ans, ce vaisseau fantôme se laisse apercevoir, à marée basse, aux regards curieux des promeneurs !

Une jolie silhouette à découvrir, si vous passez par là !

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