[Ils ont peint la Côte d’Opale #2] Cooke et son arrivée surnaturelle à Calais

Pour ce second numéro de Ils ont peint la Côte d’Opale, j’ai choisi de vous emmener à la découverte d’un petit british répondant au doux de Edward William Cooke.
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Calais From the Sea, Edward William Cooke, peinture à l’huile, 1839, 92*61cm, Musée des Beaux-Arts de Calais

c02Fils d’un graveur reconnu, Edward Cooke est né à Londres en 1811. Issue d’une famille d’artistes, il est élevé en leur compagnie, si bien qu’on lui découvre de manière assez précoce une habileté certaine pour le dessin et la gravure. Rapidement, le goût pour les peintures marines du jeune Cooke s’affirme tant et si bien qu’elles deviendront le sujet principal de son œuvre.

Amoureux des œuvres des peintres hollandais du XVIIe siècle, Edward Cooke n’aura de cesse de voyager. Il sillonnera les côtes anglaises puis européenne, en passant par notre Côte d’Opale.
Pourquoi peint-il le littoral ? Les lumières propres au bord de mer l’intéressent particulièrement, tout comme la nature abrupte, sauvage toujours prompte à remémorer aux hommes la nécessaire humilité de leurs conditions.

Connaissant une ascension fulgurante, il expose rapidement à la prestigieuse Royal Academy puis à la British Institution. A la fin de l’été 1839, Edward Cooke séjourne à Calais. Il en profite pour réaliser quelques vues de la ville côtière.

Sa peinture à l’huile la plus célèbre de ce séjour est sans doute le tableau Calais from the sea, conservé au Musée des Beaux-Arts de Calais. La toile impressionne tant par son point de vue que par le sujet. Avec une incroyable justesse, l’artiste nous permet une incroyable traversée dans le temps. Le point de vue qu’il choisit nous place en passager d’un voilier qui aborde les côtes calaisiennes du XVIIIe siècle.
Des nuages annonciateur d’une tempête proche et une mer agitée rendent l’arrivée au port de Calais ardue et quasi-surnaturelle. Avec une palette d’une justesse déconcertante, Cooke parvient à nous rendre les jeux de réfraction de lumières sur l’eau et sur les vagues que l’on peut toujours observer aujourd’hui.

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Face à la tourmente des voiliers, notre regard se porte vers la lumière : la ville de Calais le port. Second plan mais pas pour autant sujet secondaire, le Calais du XVIIIe siècle, se découvre à la fois dans la lumière et l’obscurité. Au centre de la composition, la promesse de journée plus lumineuse avec la jetée et le Fort Risban puis trois cimes qui ne permettent aucun doute quant à l’identité de la ville : une longue colonne blanche terminée par une touche de noir, le phare de Calais ; à ses côtés, la tour du Guet puis sur notre gauche, le clocher de l’église Notre-Dame.

De part et d’autre du tableau, sous de lourds nuages gris et une obscurité écrasante, deux constructions faisant face aux navires sont visibles. Dans la pénombre, vers la droite, le Fort Rouge, probablement érigé à la fin du XVIIème siècle ; à gauche, le bras de la vieille jetée.

Pour nos yeux de spectateur du futur 2.0., Calais from the Sea de Cooke est l’occasion de nous replonger dans un Calais disparu et d’admirer le savoir-faire d’un artiste exceptionnel qui a su crée une composition dramatique rendant compte de la richesse et singularité des lumières de nos côtes… Si la ville et les embarcations ont changé, la beauté parfois surnaturelle de notre littoral n’en demeure pas moins un spectacle éternel !

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